Le nombre de familles vivant avec un endettement important augmente continuellement tous les ans au Canada. Selon Statistique Canada, au dernier trimestre de l’année 2016, le niveau d’endettement des Canadiens a tout simplement atteint son niveau record : 167.3% du revenu disponible, soit une augmentation de 0.5% par rapport au trimestre précédent, puisqu’il était à 165,3 %.

Dans un jargon plus pratique, cela signifie que pour $1 de revenu versé à un ménage au Canada, celui-ci a contracté un crédit de $1.67. De quoi s’alarmer quand on découvre le montant total de ces dettes qui s’élèvent à la modique somme de 2029 milliards de dollars !

Face à ces chiffres impressionnants, l’on est en droit de se questionner sur les raisons qui poussent les Canadiens vers l’endettement !

Quoique plusieurs mythes existent concernant le surendettement, nous feront état des diverses causes qui nous pousse vers l’endettement.

La société de consommation augmente l’endettement des familles

Qu’entend-on par société de consommation ?

Cette expression qui a vu le jour à l’époque de la Deuxième Guerre mondiale désigne une société que l’on encourage à consommer plus que nécessaire, à consommer en abondance. Et malheureusement, notre société actuelle a grandi avec ce principe : on n’achète pas à la mesure de ce dont on a besoin, on achète au-delà, non pas par peur de manquer de quelque chose, mais plutôt pour avoir l’impression qu’on a le pouvoir de le faire.

La preuve ? On nous bombarde sans cesse de publicités en tous genres, qui stimulent en nous l’envie d’avoir quelque chose, mais surtout, qui ont pour effet de créer des besoins qui n’en sont pas vraiment.

Le résultat  d’une société de consommation?

Au fil du temps, nous avons pris l’habitude de gaspiller, de jeter de l’argent par la fenêtre sans vraiment nous en rendre compte, et parfois même, sans nous   en soucier. Et cela concerne tous les domaines de notre vie. À commencer par la manière dont nous mangeons. Car en effet, au Canada, le gaspillage alimentaire est aujourd’hui considéré comme un fléau, un fléau qui coûte chaque année 31 milliards de dollars !

Selon les statistiques, 40% des nourritures produites au Canada sont gaspillées, dont 47% sont imputés aux ménages. Dans une étude sur le système agroalimentaire canadien, Gooch et Felfel ont ainsi révélé que ces gaspillages représentaient l’équivalent de 31 milliards de dollars par an, rien que ça !

Alors, c’est vrai qu’inciter à la surconsommation de produits n’est pas en soi dangereux. Mais à condition que le consommateur en ait les ressources. Autrement, les conséquences peuvent être cent fois pires que celui d’un simple gaspillage !

La comparaison sociale, un facteur de dettes important !

En vérité, personne ne s’endette par pur plaisir. Mais dans une société où tout le monde est amené à consommer plus, le mécanisme d’endettement est amorcé par :

  • La comparaison sociale, un mécanisme inévitable en société qui consiste, pour une personne, à se comparer aux autres et à essayer de leur ressembler ou à essayer de se démarquer, de les dépasser, et ce, par tous les moyens.
  • Le désir mimétique, très similaire au premier, qui est un mécanisme qui pousse une personne à vivre comme les autres, à profiter du même confort que les autres, pour se débarrasser du sentiment de frustration qu’engendre la différence.

La peur de l’exclusion sociale

L’autre souci quand on vit dans une société, c’est que l’on se retrouve souvent obliger de suivre le courant, comme tous les autres, pour être accepté. La différence peut être perçue comme une faiblesse, et peut constituer un motif d’exclusion.

Cette peur de ne pas intégrer la société, de ne pouvoir se vanter d’être comme les autres et de pouvoir acheter ce que les autres possèdent, bref d’être différent… explique souvent le comportement financier de beaucoup d’individus dont les ressources sont limitées. Les dettes s’expliquent alors par le désir, le besoin de vivre mieux, comme tout le monde !

La facilité du crédit pour un endettement croissant

Contrairement aux idées reçues, l’endettement ne concerne pas que les ménages en situation de précarité, et ceux qui sont des revenus peu élevés. Même une personne ayant une situation stable, voire enviable, lorsqu’elle contracte trop de crédits et se retrouve soudainement dans l’incapacité d’honorer ses dettes, peut endosser le statut d’endetté du jour au lendemain.

La facilité avec laquelle on contracte des crédits à notre époque n’arrange pas les choses. Les organismes d’emprunts se multiplient à une grande vitesse, et comme les banques, ils proposent des crédits aussi alléchants les uns que les autres comme des taux d’intérêt très faibles, des conditions de remboursement plus souples, des mensualités moins élevées, etc.

Les offres sont, par ailleurs, nombreuses. Hormis les crédits traditionnels, les produits financiers permettent aujourd’hui aux Français d’emprunter pour tout un tas de raison : pour leur maison, pour leur voiture, pour leurs mobiliers, pour leurs matériels informatiques et même pour leurs vacances !

Environ 29% des cas d’insolvabilité au Canada sont uniquement dus à des crédits excessifs.  Toutes ses personnes sont dépassées par leurs dettes! Aucun autre motif que leur endettement pour expliquer leurs difficultés financières

Des crédits à la consommation de plus en plus accessibles

Le crédit à la consommation est de moins en moins cher, et il est de plus en plus facile d’avoir recours à ce dispositif financier en cas de besoins. Malheureusement, cette source de financement est souvent mal utilisé, et donne souvent aux emprunteurs l’impression d’être à l’abri jusqu’au moment où les dettes deviennent élevées et qu’il devient difficile de les rembourser.

Le crédit à la consommation continu de croitre régulièrement. En effet, alors que l’ensemble du crédit à la consommation était de 502 348 millions de dollars en 2012, il avait augmenté à 561 072 millions en 2016!  Les prêts automobiles représentent presque toujours plus de 9.5% des dettes liées à la consommation au Canada.

La hausse du prix de l’immobilier

Il est quasiment impossible de s’offrir un logement sans recourir à un crédit à l’heure actuelle. Depuis le début des années 2000 en effet, le prix de l’immobilier n’a cessé d’augmenter, obligeant tout ménage souhaitant devenir propriétaire à souscrire des dettes élevées.

Fait d’ailleurs déjà souligné par la Banque du Canada en 2016, prévu par l’économiste de la Banque de Montréal en ces termes :

« Les ventes de maisons ont grandement progressé au deuxième trimestre, alors nous allons avoir beaucoup plus de dettes hypothécaire…, et cela va faire grimper le ratio ».

L’économiste Diana Petramala de la Banque TD explique cette hausse de l’achat de maison par le « syndrome FOMO ». Touchant particulièrement les nouveaux acquéreurs, il résulte du fait que les acheteurs préfèrent acheter sur le moment, même à prix élevés, que d’attendre quelques temps et risquer que les prix ne baissent pas, mais qu’au contraire, ils continuent d’augmenter. A terme, « Cela pourrait les exposer à une dette trop importante  » souligne l’économiste.

Cette situation explique aisément pourquoi les prêts hypothécaires représentent la majeure partie des dettes totales des ménages canadiens. Ils sont considérés comme responsable des situations d’endettement dans 65.5% des cas.

Les mauvaises habitudes de consommation

Même s’il est vrai que la société y est pour beaucoup, la situation économique du pays également, on ne peut leur imputer toute la responsabilité. Car admettons-le, quelles que soient les circonstances, rien ne nous oblige vraiment à dépenser plus qu’on ne le devrait.

La réalité est que nous nous endettons la plupart du temps, parce que nous adoptons un comportement irresponsable en tant que consommateurs. Face à ce qui nous fait envie ou ce dont l’on pense avoir besoin, nous agissons souvent de manière impulsive, sans vraiment nous soucier des impacts que cela peut avoir sur notre bourse. Selon John Gathergood, c’est surtout ce manque de maitrise de soi face aux innombrables offres de crédits, toutes aussi tentantes les unes que les autres, qui seraient à l’origine de nos difficultés financières.

Bref, si nous prenons vraiment le temps de réfléchir avant d’agir, d’évaluer les dépenses que nous risquons de réaliser et de nous assurer si oui ou non nous serons en mesure de les rembourser par la suite, nous serons moins enclins à l’achat impulsif ou vouloir acheter comme notre voisin.

Notre comportement face à l’argent dépensé

  • Peu de considération pour les petites dépenses

L’avez-vous remarqué ? Nous avons tendance à minimiser nos dépenses lorsqu’il s’agit d’engager une petite somme. On est, par exemple, souvent enclin à acheter en quantité lorsqu’une chose ne semble pas coûter cher, convaincu que cette dépense-là représente une goutte d’eau dans l’océan. Et sans se rendre compte que bien souvent, ce sont ces gouttes d’eau qui semblent insignifiantes qui finissent par faire déborder le vase.

  • Peu de considération pour les petites économies

Nous avons aussi tendance à minimiser les économies qu’on peut faire lorsqu’il s’agit d’une grosse somme d’argent. L’avez-vous remarqué ? Si nous devons acheter un bien à $20 et qu’on peut trouver moins cher ailleurs, même une réduction de 10 % de moins, nous prenons le temps d’aller ailleurs. En revanche, si nous devons acheter un bien à $5000 et qu’on propose la même chose avec $50 de moins ailleurs, on préfère souvent se dire : un centime de plus ou de moins, quelle différence ça peut faire ? On gaspille ainsi $50 et cela ne nous fait ni chauds ni froids !

Notre comportement face à l’argent que l’on reçoit

  • Peu de considérations pour les petites sommes

Nous avons également la mauvaise habitude de minimiser l’importance des petites sommes. La preuve ? Nous sommes plus enclins à dépenser les petits montants, et ce, très rapidement et à contrario, à se fermer comme des huîtres pour les plus grands montants. Si nous avons, par exemple, $50 en proche, nous n’aurions aucun mal à le dépenser. En revanche, nous aurons moins de scrupules à toucher rien qu’une centime d’un portefeuille de $1000, et ce, même si nous avons les moyens de le faire.

  • Une mauvaise utilisation des cartes de crédit

Avez-vous remarqué que lorsqu’on achète quelque chose avec une carte de crédit, nous avons l’impression que les dépenses sont moins importantes ? Ainsi, on achète beaucoup plus lorsqu’on peut payer avec une carte. Et c’est pourtant un piège, car avec une carte, on ne voit pas l’argent partir de notre proche, on a ainsi toujours l’impression d’être solvable.

Le changement de situation

Le changement de situation peut conduire à un endettement important. Lorsqu’une famille profite d’une situation financière stable, rien ne l’empêche de souscrire aux crédits, voire plusieurs, car leur portefeuille leur permet d’honorer leurs mensualités. Mais parce que nul n’est à l’abri d’imprévus en tous genres, un petit bouleversement peut mettre à mal le budget familial et rendre le remboursement d’un ou de plusieurs prêts difficiles.

Comme la majorité des Québécois n’ont pas de fonds d’urgence, les familles peuvent difficilement tenir le coup lorsqu’arrive une maladie, la perte d’emploi, une séparation ou un imprévu important.

Les causes professionnelles

Selon les statistiques, les bouleversements sur le plan professionnel sont responsables de plus de 32 % des dossiers d’insolvabilité déposés. La perte d’emploi est la principale mise en cause et concerne plus de 20% des cas, mais on peut également citer :

  • La diminution des revenus
  • L’absence d’augmentation de revenus face à la hausse des charges au quotidien
  • La faillite de l’entreprise
  • La mauvaise gestion financière dans 12% des cas.

Les causes familiales

Bien que cela ne soit pas évident de prime abord, tout changement au sein d’une famille peut bouleverser la gestion d’un budget jusque-là suffisant. Car cela peut avoir une conséquence sur le quotidien, et subséquemment, sur les dépenses journalières. Et ce, qu’il s’agisse d’une séparation, d’un divorce, d’un veuvage, d’une naissance ou d’un problème de santé.

  • La naissance d’un enfant

La naissance d’un enfant est certainement un heureux évènement. Mais il ne faut pas oublier qu’elle s’accompagne souvent de dépenses considérables, car un bébé a des besoins particuliers dont les prix sont élevés : mobiliers, couches, biberons, vêtements, laits, etc. Sans oublier les frais liés aux différents contrôles auxquels le nouveau-né doit se soumettre, ses frais médicaux et quand le moment sera venu, la rémunération de sa nounou ou de sa crèche.

  • La séparation et le divorce

Outre les frais coûteux que peut engendrer un divorce à ce jour, avec les honoraires des avocats, les dépenses liées au déménagement et à la nouvelle installation, les salaires du notaire et bien d’autres, la séparation a également des impacts directs sur les finances de l’ancien couple : le budget du foyer se voit diviser en deux !

Que le ménage ait ou non contracté des dettes en conséquence, les répercussions d’une séparation sur le budget familial sont inévitables, car tout ce qui était auparavant supporté par deux sources de revenus sera désormais supporté par un seul. Bien entendu, si le ménage devait payer plusieurs mensualités, les risques d’endettement dus à la séparation sont inévitables.

Ainsi, 15% des situations d’insolvabilité sont causées par une rupture de mariage au Canada.  Pas surprenant, lorsqu’on pense que la séparation de corps entraine une séparation des revenus du ménage alors que plusieurs dépenses doivent se dédoubler, sans oublier les divers achats pour meubler adéquatement les deux résidences.

Les autres causes possibles de votre endettement

Plusieurs autres facteurs peuvent conduire directement ou indirectement à l’endettement des familles.

Le manque de connaissances en matière de crédits

De nombreuses études ont démontré que les personnes ayant été éduquées sont moins sensibles aux offres de crédits alléchantes que ceux qui ne l’ont pas été. Selon Angel & Heitzmann en effet, l’endettement des ménages d’un pays dépend beaucoup de l’implication de ce dernier dans l’éducation de ses habitants.

De même, les personnes ayant été bien informées des crédits ont moins de difficultés à comprendre leur fonctionnement et les pièges qu’ils renferment. Elles ont ainsi beaucoup plus de maîtrise de soi, et n’agissent pas sous l’impulsion. Autrement dit, moins les habitants sont éduqués et informés sur le sujet, plus les risques d’endettement sont élevés.

Les diverses addictions

L’endettement causé par l’addiction est rarement évoqué, et pourtant, ce genre de cas n’est pas isolé. Toutes sortes de dépendances peuvent amener la personne concernée à emprunter pour assouvir ses besoins, et ce, quitte à s’endetter.

  • L’addiction aux jeux

Qu’il s’agisse de jeux de tirage, de cartes, de grattage ou de paris en ligne… tout jeu, lorsqu’on en devient dépendant, conduit directement à un endettement actif. Lorsqu’un joueur commence à ne plus pouvoir se passer de jeux en effet, il entre dans une spirale infernale de laquelle il est très difficile d’en sortir :

  • Dépenser de l’argent en jouant ;
  • Perdre de l’argent ;
  • Augmenter son endettement pour essayer de se refaire ;
  • Perdre de l’argent ;
  • Augmenter son endettement pour essayer de se refaire ;
  • Et ainsi de suite.

L’addiction aux jeux peut également entraîner l’isolement, la déconnexion totale avec la réalité et la perte d’emploi, ce qui ne fait que renforcer la situation d’endettement.

  • L’achat compulsif

L’achat compulsif est un trouble du comportement qui pousse une personne à acheter sans pouvoir se maîtriser. L’acheteur compulsif n’a aucun contrôle sur ce qu’il fait et peut dépenser une fortune sans pouvoir s’arrêter, et ce, jusqu’à ce qu’il ait endigué son stress ou son anxiété.

L’achat compulsif est un problème grave et qui doit être pris au sérieux. Car même si la personne touchée a les moyens pour financer ses achats au départ, à la longue, les dépenses peuvent devenir si conséquentes qu’il lui sera difficile de les supporter. Sur le long terme par conséquent, ce trouble émotionnel peut mener à l’endettement. Vous pouvez apprendre quelques astuces pour réduire les achats compulsifs.

Comment solutionner votre endettement

Selon votre situation, plusieurs solutions sont disponibles afin de résoudre  définitivement votre endettement. Vous pourriez envisager la vente d’actif, réduire les dépenses de votre ménage ou même envisager le dépôt d’une proposition de consommateur ou même la faillite personnelle. Pour connaitre toutes les  solutions aux problèmes de dettes, consultez notre autre article.

 

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Sources:

http://www.villeenvert.ca/gestion-des-matieres-residuelles/gaspillage-alimentaire-canada/

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/738912/equifax-canada-consommation-dette-canada-quebec

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/786516/bulle-immobiliere-eclater-vancouver-toronto-prix-banque-centrale

http://www.rcinet.ca/fr/2017/03/15/dette-des-menages-canadiens-niveau-record-atteint-au-quatrieme-trimestre-de-2016/

http://plus.lapresse.ca/screens/0b2d4683-ca23-4bef-aad1-8bc8b3836f86%7CG2eoB0yN8t67.html